22/ Fêtes diverses

Les jours fériés

Définition

Un jour férié est un jour de fête civile ou religieuse {À ce jour, les fêtes religieuses concernées sont des fêtes catholiques. Cette situation est liée au fait que la Belgique est, historiquement, un pays de tradition et de culture catholiques.}, ou commémorant un événement historique important.

Les jours fériés sont fixés, chaque année, par le gouvernement.

En principe, personne ne travaille en Belgique pendant ces jours-là.

On compte, actuellement, 10 jours fériés.

Le Jour de l’An (le 1er janvier)

Le “jour de l’An” ou “Nouvel An” est le premier jour d’une année du calendrier grégorien {Le calendrier grégorien est un calendrier solaire conçu à la fin du 16e siècle. Il porte le nom de son instigateur, le pape Grégoire XIII. Adopté à partir de 1582 dans les États catholiques, puis dans les pays protestants, son usage s’est progressivement étendu à l’ensemble du monde au début du 20e siècle.}. Par extension le terme désigne aussi les célébrations de ce premier jour de l’année.

En Belgique, il est de tradition de faire la tournée de sa famille, voire de ses amis, afin de leur souhaiter “la bonne année” et, parfois, d’échanger quelques cadeaux (“les étrennes”).

C’est également l’occasion, pour certains, de prendre de “bonnes résolutions” pour l’année qui commence.

Le lundi de Pâques

Le lundi de Pâques est le lundi qui suit la fête de Pâques, fête qui commémore la résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour après sa crucifixion (qui a eu lieu le Vendredi saint”). Il s’agit de la plus importante fête chrétienne.

Dans la liturgie chrétienne, la fête de Pâques est célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune du printemps. L’équinoxe de printemps étant le 21 mars, Pâques a lieu au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril {Il existe une différence de pratiques entre les églises occidentales et les églises orthodoxes. Les premières adoptent en 1582 le calendrier grégorien pour calculer la date de Pâques, alors que les autres continuent à utiliser le calendrier julien originel.}.

La symbolique de Pâques

Au départ, la Pâque est une fête juive (le nom hébreu “Pesah” évoque le “passage”) qui commémore le miracle de la libération du peuple juif, sorti d’Égypte en traversant la Mer Rouge à pied sec.

La Pâque chrétienne, tout en rappelant cet événement, célèbre le passage de la mort à la vie de Jésus, crucifié (et donc la symbolique de la vie après la mort). En effet, d’après les Évangiles, c’est pendant cette fête juive qu’eut lieu la résurrection de Jésus; c’est pourquoi le nom en a été repris pour désigner la fête chrétienne.

Selon la foi chrétienne, le Christ, aussi appelé le “Rédempteur”, a vaincu pour les mortels le péché, le démon et la mort même. Jésus-Christ s’est donc fait “l’agneau de Dieu“, “l’Agnus Dei”, sacrifié lors de la crucifixion, et qui enlève les péchés du monde par sa mort et sa résurrection.

Les moments associés à la fête de Pâques

Pour les catholiques, le dimanche de Pâques marque la fin du jeûne du Carême {Cette période qui dure 40 jours (sans compter les dimanches) fait en particulier référence aux quarante années passées dans le désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ dans le désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements. Le Carême, temps de conversion, repose sur la prière, la pénitence et le partage. Au 7e siècle, le carême fut établi dans son calendrier actuel. À cette époque, le jeûne consistait à ne prendre qu’un repas quotidien en fin de journée et à s’abstenir de toute nourriture les jours du Vendredi et du Samedi saints. Cependant, les prescriptions de jeûne se relâchèrent très vite et, dès le 13e siècle, le repas de midi était autorisé et complété d’une collation le soir.}. La pénitence prend fin et la chair réapparaît sur les tables. Et, c’est l’agneau qui est généralement servi lors du repas du dimanche midi, qui a lieu en famille, après la traditionnelle messe de Pâques.

De façon générale, la gastronomie pascale associe les symboles religieux que représentent l’agneau (le Christ sacrifié) et les cloches (la joie de la Résurrection), mais également des symboles plus clairement liés au retour du printemps et au renouveau de la fertilité comme l’œuf, les poules et les lapins.

Le dimanche de Pâques est l’occasion pour les enfants de faire une “chasse aux œufs“. Cette tradition prend sa source dans la fête religieuse même. En effet, depuis le Jeudi saint (veille de la crucifixion de Jésus), les cloches des églises catholiques sont silencieuses, en signe de deuil (elles ne vont recommencer à carillonner que le dimanche, pour annoncer la joie de la résurrection du Christ). La tradition populaire pour les enfants dit qu’elles sont parties pour Rome se faire bénir par le Pape et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment sur leur passage. Il s’agit donc pour les enfants de retrouver les œufs, poules, lapins en chocolat et autres gourmandises, enfouis dans l’herbe, cachés dans les buissons ou suspendus aux branches des arbres.

Par ailleurs, à l’occasion de Pâques, les enfants peignent et décorent des œufs cuits. Cette coutume d’offrir des œufs décorés, teints ou travaillés, existe depuis bien avant l’ère chrétienne. En effet, comme le printemps est la saison de l’éclosion de la nature, l’œuf (représentant la vie et la renaissance) a été probablement le premier symbole utilisé lors de rituels très anciens {Au printemps, les Égyptiens et les Perses avaient pour habitude de teindre des œufs et de les offrir pour symboliser le renouveau de la vie. Dans l’antiquité gauloise, les druides teignaient les œufs en rouge en l’honneur du soleil. Dans les rituels païens anglo-saxons, on offrait des œufs colorés à la déesse Eostre. Plusieurs cultures païennes disposaient des œufs dans les tombes ou les sépultures pour demander la renaissance de la personne décédée.Pour les Juifs, l’œuf est le symbole de la vie mais aussi de la mort. La libération du peuple hébreu a coûté la vie à de nombreuses personnes, et le bonheur n’est jamais absolu pour eux. A Pessa’h les Juifs trempent un œuf dans de l’eau salée en souvenir de toutes les larmes versées suite à la perte de leur indépendance.  Voir D’où vient la coutume des œufs de Pâques?}. Dès lors, puisque Pâques (qui pour les chrétiens, célèbre la résurrection du Christ) a eu lieu au printemps, le symbolisme de l’œuf y a trouvé aussi sa place dans les rites familiaux. Mais, la tradition d’offrir des œufs à Pâques vient également de l’interdiction (au Moyen-Age) de manger des œufs pendant la durée du carême. Les œufs pondus pendant cette période étaient alors conservés après cuisson et décorés pour être offerts le jour de Pâques.

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La Fête du Travail (1er mai)

L’origine du 1er mai remonte à 1886, lorsque des ouvriers américains, tout particulièrement à Chicago, se sont mis en grève pour demander entre autres la réduction de leur temps de travail. L’initiative a dégénéré en affrontements et a coûté la vie à plusieurs ouvriers {Plus de 300.000 ouvriers quittent leurs usines et une gigantesque manifestation se déroule dans le calme à Chicago. Le 3 mai, des incidents éclatent entre grévistes et policiers, six grévistes sont tués. Le lendemain, à la fin d’un meeting de protestation organisé par les anarchistes, une bombe éclate au milieu des policiers et provoque une panique gigantesque. Sept policiers et une dizaine de manifestants sont tués. Huit militants anarchistes sont condamnés à mort. Quatre d’entre eux sont pendus en novembre 1887, un cinquième se suicide en prison. Les trois autres condamnés sont graciés en 1893 et les cinq morts réhabilités à titre posthume. lalibre.be – La fête du travail est née à Chicago en 1886}. En 1889, le congrès constitutif de la IIe Internationale des partis socialistes et ouvriers, réuni à Paris, décide d’organiser à date fixe, à partir du 1er mai 1890, une manifestation internationale des travailleurs pour demander la journée de huit heures et honorer les morts de Chicago. Jusque dans les années 1920, le 1er mai est marqué par la violence. Ainsi, en 1891, neuf personnes sont tuées par l’armée dans le nord de la France.

Le 1er mai prend vite un caractère international et revendicatif. Les travailleurs continuent à se battre pour l’amélioration de leurs conditions de travail. À l’initiative de Lénine, le 1er mai devient en 1920 une journée chômée en URSS. D’autres pays vont suivre peu à peu. Ainsi, en Belgique, il deviendra un jour férié à partir de 1946.

À noter que ce qu’on appelle aujourd’hui “la fête du travail” était plus volontiers appelé “fête des travailleurs ” à l’époque.

Mais la date du 1er mai est également celle de l’arrivée du printemps et est aussi vue comme la fête du muguet“, une tradition aux origines diverses et lointaines {Il semble que déjà chez les Celtes, on attribuait au muguet le pouvoir mystique de porter bonheur. Par ailleurs, on dit aussi que la tradition d’offrir du muguet remonterait à la Renaissance (1561), époque où le roi de France Charles IX aurait lancé cette mode en offrant à toutes les dames de la cour un brin de muguet lors d’un premier mai (après en avoir reçu un lui-même, un 1er mai également).}. Symbole du renouveau et du printemps cette fleur est vue comme un porte-bonheur. En effet, d’après le langage des fleurs, le muguet signifie “retour du bonheur“. C’est pour cette raison que, chaque année, il est habituel d’offrir du muguet aux gens que l’on aime.

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Le jeudi de l’Ascension

L’Ascension est une fête chrétienne célébrée quarante jours après Pâques (en comptant le dimanche de Pâques). Elle tombe donc toujours un jeudi, généralement au mois de mai.

Dans la tradition chrétienne, elle marque la montée au ciel de Jésus Christ après sa résurrection (qui a eu lieu à Pâques). L’Ascension est donc la dernière apparition de Jésus à ses disciples (40 jours après la Résurrection). Elle marque la fin de sa présence sur terre. Il est élevé aux Cieux sous les yeux de ses disciples à qui il annonce la venue de l’Esprit saint (Pentecôte).

Le lundi de Pentecôte

Il s’agit du jour qui suit la fête chrétienne de la Pentecôte.

Dans la religion juive, cette fête est célébrée cinquante jours après la Pâque et commémore la remise des tables de la Loi (les dix commandements) à Moïse sur le Sinaï.

Dans la religion chrétienne, elle célèbre (cinquante jours après Pâques), la descente du Saint-Esprit sur les apôtres: Les disciples, encore tout émus de la mort de Jésus et de ses diverses apparitions, étaient réunis ensemble dans un lieu appelé Cénacle. Après avoir entendu un bruit étonnant, ils virent apparaître des langues de feu qui se posèrent sur chacun d’eux. Emplis de l’Esprit saint, comprenant les mystères de Dieu, ils se mettent à parler dans toutes les langues, et se sentent soudain investis d’une nouvelle mission, celle de répandre la Bonne Nouvelle de la résurrection de Jésus.

La Pentecôte clôt le “temps pascal” {Période qui s’étend du jour de Pâques au dimanche de la Pentecôte. Elle dure cinquante jours.}.

La Fête nationale (le 21 juillet)

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Cette journée commémore le serment prêté, le 21 juillet 1831, par Léopold de Saxe-Cobourg, premier roi des Belges, de rester fidèle à la Constitution. Le serment du roi marquait le début d’une Belgique indépendante, sous le régime d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

Ce n’est que sous le règne de Léopold II (loi du 27 mai 1890) que la fête nationale fut fixée au 21 juillet afin de lier ce jour de fête pour le pays à la personne du Roi. Précédemment, elle avait été fixée au 27 septembre commémorant alors les “journées de septembre“, nom couramment donné à la révolution belge.

En général, dans la capitale, cette journée est marquée le matin par la participation du couple royal et de l’héritier au Te Deum {“Te deum” sont les deux premiers mots d’un cantique chanté notamment pour glorifier un souverain ou solliciter la protection divine lors d’un couronnement d’un roi. En Belgique, cette cérémonie religieuse catholique est célébrée deux fois par an: le jour de la fête du Roi (15 novembre) et le jour de la fête nationale. Parmi les invités présents lors du Te deum de la fête nationale, on trouve les ambassadeurs des pays étrangers, les responsables politiques des différents niveaux de pouvoir, des magistrats, les représentants des différents cultes reconnus par la Constitution, ainsi que la laïcité, etc. Le Te Deum étant une “commande de l’État”, c’est l’État qui décide de la liste des invités. La cérémonie se termine par les chants de l’hymne européen ( “Ode à la joie”) et de l’hymne national belge (“La Brabançonne”).} en la Cathédrale Saint-Michel et Gudule, l’après-midi par le passage en revue des troupes par le Roi, le défilé militaire et civil à la Place des Palais et le soir par un bain de foule du couple royal au Parc de Bruxelles où diverses activités sont organisées et, en fin de soirée, par un feu d’artifice.

D’autres Te Deum sont organisés dans différentes villes du pays. Les autres membres de la famille royale se répartissent généralement la présence à ces différentes cérémonies.

Par ailleurs, des festivités populaires sont organisées un peu partout dans le pays: bals aux lampions, feux d’artifices, spectacles.

L’Assomption (le 15 août)

La fête catholique de l’Assomption commémore la montée au ciel, après sa mort, de Marie, mère de Jésus-Christ.

Pour les catholiques, cette fête célèbre la glorification de la Mère de Dieu.

La Toussaint (le 1er novembre)

Cette fête catholique a été instituée à cette date, au 8e siècle, en l’honneur de tous les saints.

La Toussaint précède d’un jour la “Commémoration des fidèles défunts”, appelée fréquemment le Jour des morts“, fixée au 2 novembre, deux siècles après la création de la Toussaint.

Le 1er novembre, jour de la Toussaint, étant un jour férié, l’usage a été établi de commémorer les morts ce jour-là au lieu du 2 novembre. A cette occasion, il est de tradition de fleurir la tombe de ses proches disparus. La fleur qui symbolise ce moment est le chrysanthème.

nota bene NB: La fête anglo-saxonne d’Halloween, qui a lieu le 31 octobre, n’est présente que depuis peu en Belgique (elle n’a commencé à être fêtée que depuis la fin des années 1990) et présente un caractère commercial très marqué. Cette fête tire son origine d’une fête Celtique qui marquait le 1er jour de l’année celtique (divisée en 2 cycles de 6 mois) et le début du cycle hivernal, celui de la lutte entre les ténèbres et la lumière. Cette fête s’étendait sur plusieurs jours dont le 1er était consacré à la mémoire des héros, le 2ème, à la mémoire des défunts et les suivants aux réjouissances populaires.

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L’Armistice de la Première guerre mondiale (le 11 novembre)

Cette journée commémore l’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15, et qui marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite de l’Allemagne {Il a été signé par les généraux allemands et alliés réunis dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d’État-Major du maréchal français Foch (commandant suprême des forces alliées), dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne (au nord de Paris).}.

Rappel historique

nota bene NB: le 11 novembre 1918, tout le territoire belge est loin d’être libéré. Ce jour-là, des obus tombent sur des villages du Borinage, la tension est extrême à Bruxelles, Liège vit dans la peur. La Belgique ne sera officiellement libérée que le 28 novembre. Ce jour-là, cinquante coups de canon sont tirés du parc du Cinquantenaire pour marquer l’événement.

Cette guerre a fait plus de 18 millions de morts (dont un demi-million de soldats, de toutes nationalités, rien que dans la région de Ypres, au nord de la Belgique) et des millions d’invalides et de mutilés. Parmi les victimes, on compte 42.000 militaires belges. Il s’agit d’un nombre particulièrement élevé de morts au vu de la taille de l’armée belge de l’époque.

Par ailleurs, au début de la guerre, en août 1914, des représailles très dures vont être menées par l’armée allemande à l’égard de la population civile belge. Plus de 5.000 civils vont être tués en 20 jours {Voir fiche “Le règne d’Albert Ier“.}.

La Belgique est le seul pays sur le front occidental à avoir connu une occupation quasi totale de son territoire, tout le conflit durant.

Le dernier vétéran belge de 1918 est décédé en 2004.

A propos de la commémoration

Cette date du 11 novembre n’a pas toujours été la date de commémoration de la Première guerre mondiale. En effet, le Parlement belge a d’abord choisi la date du 4 août 1914, à savoir celle de l’invasion de la Belgique par l’Allemagne, comme jour officiel de commémoration, et la Belgique ne va s’aligner sur les autres pays (qui, eux, avaient retenu le 11 novembre) qu’en 1922.

Entre les deux guerres, les commémorations se font dans la ferveur autour des monuments aux morts érigés dans presque toutes les communes à la mémoire de ceux qui avaient donné leur vie pour le pays.

Au fil des années, la tradition des célébrations s’est un peu perdue, mais pas partout. Cela dépend des lieux et surtout des événements qui ont pu s’y passer. À Rossignol, par exemple, où des massacres ont eu lieu en août 1914, la mémoire est toujours vivante et très entretenue. Par ailleurs, de façon générale, on note, actuellement, un intérêt grandissant pour la Première guerre mondiale qui peut s’expliquer, notamment, par l’approche du 100e anniversaire du début du conflit.

Ce jour-là, le Roi se rend habituellement, à la Colonne du Congrès (à Bruxelles), pour la traditionnelle cérémonie d’hommage au “Soldat Inconnu”.

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Le soldat inconnu

Le Soldat inconnu a été inhumé au pied de la colonne entre les deux lions, le 11 novembre 1922. Suivant l’exemple des pays voisins, la Belgique a, en effet, décidé en 1922 de rendre hommage aux victimes des combats de la Première Guerre mondiale au travers d’un soldat anonyme. Celui-ci a été choisi au hasard par un aveugle de guerre parmi cinq cercueils contenant les corps de soldats belges non identifiés tombés sur cinq des principaux champs de batailles de Belgique. Il a été inhumé sous une dalle gravée, auprès d’une flamme éternelle.

Plus tard, la portée symbolique du monument et de la cérémonie d’hommage annuelle ont été étendues aux victimes d’autres conflits et aux militaires en mission de maintien de la paix. Après la Seconde Guerre mondiale, une deuxième dalle a été posée sous la première et une troisième a été installée en 1998, portant l’inscription “Aux Belges tombés au service de la paix depuis 1945″.

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La Noël (le 25 décembre)

La fête de Noël est fêtée dans la nuit du 24 au 25 décembre, ainsi que le 25 durant toute la journée. En tant que fête chrétienne, elle commémore chaque année la naissance de Jésus à Bethléem (en Palestine).

Origine

À l’origine, cette date correspond à des festivités païennes marquant le solstice d’hiver {Il s’agit du jour le plus court de l’année.}, symbole de la renaissance du soleil. En 353, l’Église, en Occident, a décidé de fixer (aucun texte chrétien ne précise quel jour dans l’année est né Jésus-Christ) la célébration de Noël à ce moment de l’année où les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin et à partir duquel les jours commencent à s’allonger progressivement. Dans ce cadre, le Christ peut être identifié à une lumière nouvelle qui va éclairer le monde. Par ailleurs, cette victoire du jour sur la nuit pouvait également rappeler aux chrétiens la victoire de Jésus sur la mort.

Pour fêter la naissance de Jésus, la tradition a retenu le milieu de la nuit du 24 au 25 décembre. Ce moment a été choisi car c’est l’heure qui marque l’arrivée du nouveau jour. Traditionnellement la “messe de minuit” commençait donc à minuit. Toutefois, elle a tendance aujourd’hui à commencer plus tôt en soirée.

Les crèches de Noël

A l’occasion de la fête de Noël, on peut voir dans les églises, mais aussi sur certaines places ainsi que chez les particuliers, des “crèches de Noëlqui mettent en scène la naissance de Jésus telle qu’elle est présentée dans le Nouveau Testament {Ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples. Les chrétiens considèrent que la Bible se compose de l’Ancien Testament (écrits antérieurs à Jésus) et du Nouveau Testament.}. Il s’agit d’une étable miniature dans laquelle des personnages (en terre cuite souvent) sont disposés représentant les parents de Jésus (Marie et Joseph), les bergers ainsi que les Rois Mages réunis autour du nouveau-né. Le mot “crèche” désigne une mangeoire pour les animaux (plus particulièrement pour les moutons). Selon l’évangile de Luc, Marie a déposé l’enfant Jésus dans la crèche de l’étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Par extension, le mot crèche désigne maintenant la représentation de la Nativité. Apparues au 16e siècle, dans les églises, la tradition des crèches s’est perpétuée dans tout le monde catholique depuis le 18e siècle.

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Le “sapin de Noël”

Un autre symbole de Noël est lesapin de Noël”, souvent présent à l’intérieur des habitations et qui regroupe à son pied les cadeaux de Noël. L’origine de la coutume du sapin de Noël ne fait pas l’unanimité. Plusieurs versions sont à relever, mais quelle que soit la version, la symbolique du sapin reste toujours la même: au cœur de l’hiver, le sapin, qui garde ses aiguilles toujours vertes, est le symbole de la vie qui continue. Il montre que la vie n’est pas morte et qu’elle reviendra. La coutume du sapin de Noël serait d’origine germanique. Dans les coutumes ancestrales germaniques (celtiques), il semble certain que les anciens fêtaient le solstice d’hiver en ramenant de la forêt un arbre ou une branche toujours verte (conifère, genévrier, houx, gui,…). Cet arbre (ou cette branche) était le symbole de la vie qui se poursuit et le présage du renouveau.

En Belgique, il semble que la tradition du sapin de Noël remonte au 18e siècle, en Ardenne. A l’époque, les habitants allaient chercher dans les bois un petit sapin pour décorer leurs maisons durant les fêtes de Noël. Cette tradition du sapin de Noël s’est de plus en plus répandue avec les deux invasions allemandes que le pays a connues au 20e siècle {Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W)}.

nota bene NB: l’Église catholique considérera l’installation de cet arbre comme une pratique païenne et ce, jusqu’au milieu du 20e siècle.

La période des fêtes

Initialement la célébration de Noël se résumait à la messe de la nativité. Avec la mondialisation des échanges culturels et la laïcisation de la société, les festivités liées à Noël ont pris progressivement un caractère profane et familial et sont de plus en plus déconnectées de l’interprétation religieuse. Ainsi, actuellement, la période entourant Noël (dite “période des fêtes”) revêt un aspect largement non religieux et commercial. Dans cet esprit, Noël est devenu une fête à connotation folklorique, caractérisée par un repas de famille et des échanges de cadeaux autour du sapin traditionnel.

Les spécialités de Noël

Avec l’évolution des coutumes au cours du temps, la dinde farcie s’est fait une place de choix lors du repas de Noël qui se termine traditionnellement par la “bûche de Noël. Il s’agit d’un dessert en forme de petite bûche qui prend souvent la forme d’un gâteau roulé recouvert de crème ou d’une bûche glacée. Cette bûche rappelle la tradition ancienne où l’on mettait au feu une grosse bûche en début de soirée. Cette bûche était choisie pour sa taille et sa qualité car elle devait brûler pendant toute la veillée.

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D’autres préparations, qui varient selon les régions, sont aussi typiques de ce moment de l’année. Parmi celles-ci, on peut citer le cougnous”, pain brioché qui a la forme d’un bébé emmailloté rappelant l’enfant Jésus, ou encore le boudin de Noël, préparé de multiples façons. A Liège, on fait sauter des boukètes”, qui sont des crêpes à la farine de sarrasin agrémentées de raisins de Corinthe ou de ronds de pommes, frites à la poêle avec du beurre, et servies saupoudrées de sucre fin ou de cassonade quand elles sont chaudes ou tartinées de sirop {Le sirop de Liège est une sorte de mélasse principalement fabriquée dans le Pays de Herve, dans l’est de la province de Liège, issue de la cuisson de jus de pommes et de poires. On obtient ainsi, après plusieurs heures une pâte brune très foncée, légèrement translucide.}, quand elles sont froides.

Les marchés de Noël

La période Noël est également le moment desmarchés de Noël“. Ceux-ci se composent d’échoppes habituellement en bois, et construites pour l’occasion, qui proposent des petits articles de décoration, des jouets et des cadeaux souvent artisanaux. Les marchés de Noël se déroulent généralement de la fin novembre à la fin décembre. En Belgique, la tradition des marchés de Noël est récente. Le plus ancien du pays est le marché de Noël de Liège (1987).

Le Père Noël

La tradition du Père-Noël s’est développée en Belgique essentiellement après la Libération de 1945 (par les troupes américaines).

D’autres jours de fête ou de commémoration

L’Épiphanie (le 6 janvier)

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Pour les chrétiens d’Occident, l’Épiphanie désigne, la fête qui célèbre la visite et l’hommage rendus par des rois mages à l’enfant Jésus. Le mot “Épiphanie” signifie “manifestation” en grec. Dieu se donne à voir, à toute l’humanité (représentée par les mages venus du bout du monde).

Origine de la fête

L’Évangile de saint Matthieu raconte que des mages venus d’Orient ont été guidés par une étoile jusque vers Jésus qui venait de naître. “Ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents: de l’or, de l’encens et de la myrrhe.”, écrit-il. L’or pour sa royauté, l’encens pour sa divinité, la myrrhe, parfum utilisé pour embaumer les défunts, pour annoncer sa mort.

Depuis les années 1960 (le concile Vatican II), la fête de l’Épiphanie est officiellement célébrée le premier dimanche de janvier. Mais la tradition populaire a, elle, conservé la date symbolique du 6 janvier.

La “galette des rois”

Il est habituel, ce jour-là, de manger la “galette des rois”.

Si l’Épiphanie est une fête religieuse, l’origine de la galette des rois est, elle, païenne. Elle trouve son origine dans la fête romaine des Saturnales. Dans la Rome antique, la tradition voulait, qu’à l’occasion des saturnales, les rôles des esclaves et des maîtres soient inversés (l’autorité des maîtres sur les esclaves était suspendue. Ces derniers avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, étaient libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux..), le temps des festivités célébrant Saturne, le dieu du temps. Dans un morceau de gâteau, les nouveaux puissants cachaient une fève afin de désigner leur roi. Celui qui découvrait la graine cachée obtenait, pour une journée, les pleins pouvoirs. Au fil des siècles, les traditions païenne et chrétienne se sont confondues. Car la date de la “manifestation du Christ” correspondait à peu près à celle des Saturnales. Mais ce ne fut pas chose aisée. Ainsi, au 16e siècle, l’Église condamna le partage de la galette, du fait de son origine païenne. Ceci n’a cependant pas empêché cette tradition d’évoluer et de perdurer au cours des siècles, ainsi que de s’étendre à travers le monde.

La galette des rois est un gâteau rond (en pâte feuilletée) à la frangipane (pâte d’amande enrichie au beurre et aux œufs) dans lequel on a caché une “fève” {A la fin du 19e siècle, la fève a été remplacée par une fève en porcelaine (et plus tard, en plastique)}. Celui qui découvre la fève est le roi ou la reine.

La Chandeleur (le 2 février)

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La Chandeleur, à l’origine, c’est la fête des chandelles. Elle commémore pour les chrétiens la présentation de Jésus au Temple et les relevailles {Le terme de relevailles, un peu oublié de nos jours, désigne le moment où la jeune accouchée reprenait une activité normale et se rendait au lieu de culte pour se purifier.} de Marie (40 jours après la naissance de Jésus), au cours d’une cérémonie de purification.

Origines

On trouve également des origines païennes dans cette fête. Dans la Rome antique, les Romains fêtaient en février les “Lupercales”, fêtes inspirées de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. On s’y rendait en grande procession en agitant des flambeaux symbolisant la lumière. Il semble qu’à cette occasion, tout le monde mangeait également des galettes de céréales, promesses d’une année d’abondance. Leur forme ronde et leur couleur dorée évoquent le soleil, symbole notamment du retour des beaux jours.

Chez les Celtes, à l’époque de la chandeleur, on retrouve la fête d’Imbolc qui, comme les Lupercales romaines, associe des rites de purification et célèbre Brighid, déesse de la lumière et du renouveau. Ce rite en l’honneur de la déesse Brighid, célébrait la purification et la fertilité avec le retour de la vie en cette fin d’hiver. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles.

En 472, le pape Gélase 1er décide de remplacer la fête païenne des Lupercales par celle de la Présentation de Jésus au Temple. Mais ce n’est qu’en 1372 que cette fête sera officiellement appelée “Fête de la purification de la Vierge”. Dans les églises, les torches sont remplacées par des chandelles bénies que l’on conserve allumées, autant pour signifier le Christ comme lumière pour le monde que pour éloigner le malin, les orages, la mort, etc. et invoquer les bons augures sur les semailles d’hiver en vue de produire les bonnes moissons de l’été suivant. Les cierges bénis étaient emportés dans les foyers pour les protéger.

Le jour des crêpes

La tradition veut que l’on fasse des crêpes ce jour-là. Différentes explications ont été avancées. Les unes font références aux galettes de céréales mangées par les Romains. D’autres, au pape Gélase Ier (5e siècle) qui distribuait, début février (époque du retour au travail agricole), des crêpes aux pèlerins, lorsqu’ils arrivaient à Rome.

La Chandeleur est un signe de renaissance, de promesse d’avenir. La crêpe est censée exorciser la misère et le dénuement. Elle marque l’ouverture de la période de Carnaval.

Le Mardi Gras

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La date de Mardi gras est mobile (entre le 3 février et le 9 mars) et dépend de la date de Pâques.

Le “Mardi gras” est une période festive qui marque la fin de la “semaine des sept jours gras“, période de défoulement collectif. Il s’agit du temps fort du “Carnaval“, période de réjouissances où l’on se déguise et défile dans les rues.

La symbolique

Cette période, pendant laquelle on festoie, précède lemercredi des Cendres” {Jour marqué par l’imposition des cendres: le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.} marquant le début du “Carême. Elle se situe donc juste avant la période de jeûne de 40 jours (sans compter les dimanches) qui précède la fête de Pâques. Au jeûne et à l’abstinence s’oppose donc le carnaval.

Pendant le Carême, le chrétien mange “maigre“. Le mot “carnaval” dérive du latin médiéval “carne levare” signifiant enlever, retirer la chair, c’est-à-dire concrètement supprimer de la table, durant toute la période du carême, la viande (et les plats à base de graisse animale).

Actuellement, l’Église catholique demande aux fidèles de jeûner au minimum les jours du “mercredi des Cendres” et du “Vendredi saint”. Le jeûne consiste à faire un seul repas pendant la journée avec, par ailleurs, une alimentation frugale {Simple, peu abondante} le matin et le soir. Durant les autres jours du carême, il est demandé aux fidèles de ne rien manger entre les repas (sauf en cas de maladie) et de manger “maigre” le vendredi. En outre, les catholiques sont invités également à marquer le Carême en se privant d’une chose qu’ils aiment, pas nécessairement de la nourriture. Notons qu’aujourd’hui, le jeûne n’est plus guère pratiqué et que la tradition du jour “maigre” se limite essentiellement au “Vendredi saint”, jour commémorant la crucifixion de Jésus et durant lequel les catholiques s’abstiennent de manger de la viande.

Une justification de l’intérêt du carême peut être de considérer qu’il donnait aux populations de l’époque une bonne raison d’endurer les derniers mois de l’hiver où les réserves en nourriture (constituées durant l’été et le début de l’automne) étaient au plus bas. La privation collective permettait d’atteindre le printemps sans passer par une famine.

Les fêtes les plus célèbres

En Belgique, le Mardi gras le plus célèbre est celui du “Carnaval de Binche”, seul jour où les Gilles peuvent défiler vêtus de leur costume traditionnel et chapeau en plumes d’autruche. Ce carnaval a d’ailleurs été reconnu Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2003.

On peut également citer le Mardi Gras du “Carnaval de Malmédy.

Par ailleurs, au milieu du Carême, la “Laetare“, est une halte de réjouissance. Ce mot latin signifie, en effet, “Réjouissez-vous“, parce que déjà perce la joie de Pâques, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est donc une pause au milieu de la marche vers Pâques {Guide de l’Église catholique en France}. A cette occasion, différents cortèges carnavalesques sont organisés dans le pays parmi lesquels celui de Stavelot.

La Saint Valentin (le 14 février)

Le jour de la Saint-Valentin est considéré, en Belgique comme dans de nombreux pays, comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des “mots doux” et des cadeaux comme preuves d’amour, ainsi que des fleurs (en particulier des roses rouges, emblèmes de la passion).

Cette fête semble avoir connu une évolution au fil du temps puisque, jadis, c’était avant tout une occasion pour les timides de déclarer leurs sentiments.

La Saint-Valentin est mentionnée pour la première fois au 14e siècle, en Angleterre. Une croyance populaire voulait que le 14 février soit le jour où les oiseaux s’accouplent. Mais l’esprit de cette fête remonte bien plus haut: dans l’Antiquité, on liait déjà l’éclosion du sentiment amoureux à la fin de l’hiver. Le fait d’avoir associé cette tradition au nom d’un saint chrétien vient sans doute du fait qu’au Moyen Age, les dates importantes étaient associées au saint du jour. Plusieurs saints du nom de Valentin étant honorés le 14 février, on a cherché parmi eux un patron des amoureux {Interview du médiéviste Jean-Claude Bologne in Migros Magazine 7, 9 février 2009}.

La fête de l’Iris (début du mois de mai)

Il s’agit de la fête de la Région de Bruxelles-Capitale. L’iris (fleur des marais) a été choisi, en 1991, comme symbole de cette Région en référence à la zone très marécageuse de la vallée de la Senne (où Bruxelles a vu le jour) et à la présence millénaire de la plante dans la région.

Outre les discours politiques prononcés à cette occasion, et qui réaffirment l’identité, les espoirs et ambitions de la Région, la Fête de l’Iris est aussi l’occasion pour celle-ci de valoriser sa créativité culturelle et sa convivialité à l’occasion de spectacles, animations, ateliers et concerts gratuits.

La Victoire de 1945 (le 8 mai)

Le 8 mai 1945 est la date qui marque l’annonce de la capitulation de l’Allemagne nazie (face aux troupes alliées) et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe {La capitulation officielle du Japon n’aura, elle, lieu que le 2 septembre 1945.}. Plus de 50 millions de personnes sont mortes du fait de ce conflit, dont une majorité de civils. Il s’agit du conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.

En Belgique, la date du 8 mai est toujours restée dans l’ombre de celle du 11 novembre {Les Allemands étaient encore en Belgique le 11 novembre 1918, à la différence du 8 mai 1945.}. En effet, la date du 8 mai 1945 n’a aucun lien direct avec les événements qui se sont déroulés en Belgique. Le pays, en effet, a commencé à être libéré en septembre 1944 (mais il y eut encore la “Bataille des Ardennes” {La bataille a commencé le 16 décembre 1944 par une attaque surprise allemande, et s’est terminée fin janvier 1945, après le refoulement des Allemands au-delà de leur ligne de départ.} à l’hiver 1944).

Le 8 mai n’a jamais été officiellement un jour férié généralisé en Belgique {Il l’a seulement été dans les écoles et les administrations. Mais il a été supprimé il y a plusieurs années.}. Aujourd’hui, les défilés d’associations d’anciens combattants ont toujours lieu le 11 novembre, ou lors des fêtes de la Libération. Très peu de rituels propres au 8 mai sont organisés en Belgique {Interview de Pieter Lagrou, professeur d’histoire contemporaine à l’Université libre de Bruxelles, dans lalibre.be – Pourquoi le 8 mai n’est-il pas un jour férié?}.

La Fête des Mères (2e dimanche de mai)

Dans la Grèce Antique, on fêtait déjà la mère, celle de tous les dieux: Rhéa. Les Romains eux aussi rendaient hommage aux mères et aux femmes, appelées “Matralia“. Ces cérémonies païennes ont été abandonnées à mesure que l’influence du christianisme s’affirmait en Europe.

Après avoir refait surface en Angleterre, au 15e siècle, cette fête va renaître en 1908 aux États-Unis sous l’impulsion de Anne Jarvis qui, après avoir perdu sa mère (le 2e dimanche du mois de mai 1907), lance l’idée d’une journée au cours de laquelle on rendrait hommage à toutes les mères {Georgen (A), La petite histoire de la fête des mères, Axelle, n° 159, mai 2013.}. Plus tard, c’est en 1917 que les soldats américains, entrés dans le premier conflit mondial, vont propager cette célébration en Europe, qui va surtout se développer après la seconde guerre mondiale.

La Fête des Pères (2e dimanche de juin)

Comme pour la fête des mères, la fête des pères trouverait son origine aux États-Unis où elle a été instituée en 1910. L’idée d’instaurer un jour pour la fête des pères vient de Sonora Louise Smart Dodd, désireuse de rendre hommage à son père qui a élevé seul ses 6 enfants (son épouse étant décédée).

La Fête de la Communauté flamande (le 11 juillet)

Cette fête commémore la Bataille des Éperons d’Or {Ce qui suit est, pour l’essentiel, extrait de:larousse.fr – bataille des Éperons d’or ou bataille de Courtrai, rtbf.be – Le 11 juillet 1302: une victoire belge devenue un mythe flamand, lalibre.be – La bataille des Eperons d’or}, en 1302, au cours de laquelle le comte de Flandre, avec l’aide des milices communales, a battu les troupes du roi de France près de Courtrai.

Rappel historique

À la fin du 13e siècle, le comte de Flandre (qui était sous l’autorité du roi de France), Gui de Dampierre, fort de l’alliance du roi d’Angleterre, Édouard Ier, se rebella contre le roi de France, Philippe IV le Bel. Le 20 janvier 1297, il se déclara “délié, et absous, et délivré de tous liens” d’avec le roi de France. Dès l’été, les Français entrèrent en campagne et s’emparèrent sans difficulté des villes flamandes, les alliés du comte ayant pour la plupart refusé de s’engager à ses côtés. En 1301, afin de mater une révolte du peuple et de la petite bourgeoisie brugeoise (désireux de participer au gouvernement de leur cité et fidèles au Comte de Flandre d’où leur nom de “klauwaerts“, allusion aux griffes du Lion de Flandre) contre leurs échevins (riches bourgeois), accusés d’être des partisans de la France (d’où leur nom de “léliaerts“, en référence en flamand à la fleur de lys), des troupes françaises occupèrent Bruges. À l’aube du 18 mai, les partisans du Comte de Flandre profitèrent que les soldats français dormaient encore pour les assassiner. La garnison française fut ainsi massacrée en plein sommeil {La tradition rapporte que pour distinguer les soldats français, on demandait aux hommes de dire “schild en vriend” (bouclier et ami). Ceux qui ne prononçaient pas correctement ces mots étaient considérés comme ennemis. Une autre tradition dit, elle, que pour distinguer les partisans du Roi de France, il leur était demandé: “Des gilden vriend?” “Ami des guildes?” (Les guildes regroupaient le petit peuple qui se révoltait). Si la réponse était négative ils étaient passés par le fil de l’épée.}. Cet épisode est appelé les “Matines brugeoises“. Les Français envoyèrent aussitôt une nouvelle armée pour châtier les Flamands rebelles. Les adversaires se rencontrèrent à Courtrai, le 11 juillet 1302. Les milices flamandes étaient composées de gens du peuple, d’artisans, de paysans, auxquels il faut ajouter des chevaliers (parmi lesquels Gui de Namur, fils du comte de Flandre et Guillaume de Juliens, petit-fils du comte de Flandre et archidiacre de Liège). Lors de la bataille, la tactique “flamande” fut d’amener les chevaliers français et leurs lourdes armures dans les prairies boueuses bordant la ville. Les montures françaises s’engouffrèrent dans le piège et s’embourbèrent dans les marécages. Empêtrés par leurs armures, ils ne parvinrent pas à se défendre et furent tués. Les milices flamandes retirèrent aux chevaliers les éperons d’or qu’ils portaient (donnant ainsi son nom à la bataille) et les offrirent à l’Eglise Notre-Dame de Courtrai.

La symbolique

Durant plus de 500 ans, la Bataille des Éperons d’Or a été oubliée et très rarement évoquée par les érudits. Elle ne va revenir à l’avant-plan que sous le règne de Léopold Ier (période durant laquelle la Belgique a dû d’abord lutter face aux Pays-Bas pour faire accepter son indépendance, puis se protéger des ambitions prussiennes et françaises {Notamment face aux menaces d’annexion sous le règne de Napoléon III.}). Il s’agit, pour ce jeune État, de raviver le souvenir des moments héroïques de luttes contre l’envahisseur étranger.

Par ailleurs, le roman historique d’Hendrik Conscience “De Leeuw van Vlaanderen” (paru en 1838), qui retrace le déroulement de la célèbre bataille, va jouer un rôle important dans la formation de la conscience flamande. C’est ainsi qu’à la fin du 19e siècle, cette commémoration du 11 juillet va prendre une tournure plus politique. Il ne s’agit plus de viser la France mais bien la Belgique francophone. La date du 11 juillet est vue comme un moment symbolique témoin d’une Flandre glorieuse.

La Fête de la Région wallonne (3e dimanche de septembre)

La Fête de la Région wallonne, plus couramment appelée “Fête de la Wallonie” ou “Fêtes de Wallonie” rend hommage aux combattants wallons des “Journées de septembre” 1830 (= la Révolution belge). C’est le militant wallon et homme politique namurois François Bovesse (1890-1944) qui, en 1923, a donné son essor à cet événement du folklore wallon. Il souhaitait avant tout mobiliser les Wallons pour la défense et la promotion de leur identité {Les partisans du mouvement wallon ont fait, dès le début du 20e siècle, l’analogie entre le combat de 1830 contre les Hollandais et le combat wallon contre les partisans du Mouvement flamand.}.

Elles sont célébrées, le 3e dimanche du mois de septembre, dans de nombreuses villes et communes wallonnes dont, en particulier, celle de Namur, capitale de la Région wallonne. Elles démarrent en réalité le jeudi et se terminent le lundi soir. Au programme: concerts, groupes folkloriques, traditionnels combats d’échasses, dégustation de pekèt et et de produits gastronomiques wallons. Le lundi, une messe est dite en wallon namurois {Portail de la wallonie – Connaître la Wallonie}.

Mais, outre les nombreuses activités organisées un peu partout en Wallonie, cette fête revêt aussi un volet plus protocolaire, marqué par les discours du président de la Région wallonne et celui du président du Parlement wallon.

La Fête de la Communauté française (le 27 septembre)

La date du 27 septembre fait, elle aussi, écho à la page de l’histoire de l’indépendance de la Belgique: la retraite (après 4 jours de siège), dans la nuit du 26 au 27 septembre 1830, des troupes hollandaises (14.000 soldats) qui s’étaient retranchés dans le Parc de Bruxelles.

Le choix de cet événement se base sur la volonté de souligner l’existence ainsi que l’importance de la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles, dans le cadre de la victoire sur “l’occupant” hollandais {federation-wallonie-bruxelles.be – Connaître la Wallonie}.

nota bene NB si un certain nombre d’auteurs vont parfois avoir tendance à caractériser la révolution de 1830 comme un phénomène à dominance francophone, cette vision des choses est loin de faire l’unanimité chez les historiens, d’aucuns rappelant, notamment, combien le mouvement d’opposition était présent dans toutes les régions.

Par ailleurs, si dans les participants aux Journées de Septembre, les Liégeois vont jouer incontestablement un rôle très important {Malgré la taille relativement modeste de leur groupe, ils vont être parmi les plus actifs et les plus radicaux. A leur tête, on trouve Charles Rogier.}, il apparaît cependant que les participants étaient majoritairement des habitants de Bruxelles et des environs (et qui parlaient majoritairement un dialecte flamand) {Witte (E), 1830: une révolution francophone?}.

La Fête du Roi (le 15 novembre)

Le 15 novembre est le jour d’hommage à la personne du Roi.

Le 15 novembre n’est pas un jour férié officiel. Les écoles et les entreprises sont ouvertes mais les Services publics fédéraux sont fermés ce jour-là.

La date du 15 novembre a été choisie car c’était, dans le calendrier liturgique germanique, la saint Léopold, du nom du premier roi des Belges. Elle a été instituée au début du règne de Léopold II en 1866 {Notons que sous le règne d’Albert Ier, cette fête connaîtra quelques changements de date de célébration.}.

Le roi Baudouin décida, lors de son avènement en 1951, de ne pas modifier la date de cette fête, entre-temps rebaptisée “Fête de la Dynastie” pendant la Régence du prince Charles. L’expression perdure encore de nos jours mais est toutefois erronée comme le souligne une lettre circulaire du Ministre de l’Intérieur de 1953. La Fête du Roi est la seule dénomination officielle.

D’abord événement à caractère purement religieux marqué par la célébration d’un “Te Deum” en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles, la Fête du Roi s’est doublée en 2001 d’une manifestation civile au Palais de la Nation et ce à la demande de la laïcité organisée {lalibre.be – Le 15 novembre la Belgique fête le Roi}. En effet, après de longues hésitations et de nombreuses prises de position, la cérémonie officielle, vue comme trop marquée du sceau du catholicisme, a été remplacée par une séance académique pluraliste et citoyenne à laquelle sont invités des représentants des diverses composantes de la nation et de ses élus {Defosse (P), Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique, éd. Luc Pire, p. 260-261} et à laquelle les souverains n’assistent pas. En effet, il est de coutume que le Roi n’assiste pas aux cérémonies données en son honneur, contrairement aux autres membres de la famille royale. Quant au “Te Deum“, il est devenu une cérémonie strictement privée (à laquelle le Roi n’assiste pas non plus).

La Fête de la Communauté germanophone (le 15 novembre)

La Communauté germanophone a décidé de faire coïncider sa fête avec la Fête du Roi, vu comme le symbole de l’unité de la Belgique.

La Saint-Nicolas (le 6 décembre)

saint-nicolas

La fête de la Saint-Nicolas est un moment important de l’année pour les enfants. C’est le moment où, selon une légende du 12e siècle, le “grand saint”, patron des enfants, leur apporte des cadeaux.

Le déroulement de la fête

Si la St-Nicolas est un moment important dans toute la Belgique, des nuances existent toutefois entre la partie nord et sud du pays, quant à son arrivée. Côté néerlandophone, “Sinterklaas” monte un grand cheval blanc en provenance de l’Espagne. Côté francophone, Saint Nicolas chevauche son âne. Mais au-delà de ces légères différences, la façon de fêter reste la même.

Fin novembre, début décembre, les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu’ils adressent au “grand saint” en lui précisant ce qu’ils aimeraient recevoir à l’occasion de sa venue.

Selon la tradition, le 5 décembre au soir, avant d’aller se coucher, les enfants déposent leurs souliers devant la cheminée. A côté, ils déposent généralement une carotte et/ou un navet pour l’âne de St-Nicolas et, dans certains cas, un verre de bière pour réchauffer le “grand Saint”.

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Saint-Nicolas accompagné de son âne se rend, par la cheminée, dans la maison des enfants sages pour déposer des jouets et des friandises (notamment des figurines en chocolat, du massepain, des mandarines et des spéculoos à son effigie) dans leurs souliers. Il n’oublie pas, par ailleurs, de donner la carotte à son âne et de vider le verre de bière qui a été déposé à son intention.

Le 6 décembre au matin, souvent réveillés de bonne heure, les enfants se précipitent vers la cheminée afin de découvrir les friandises et jouets que St-Nicolas leur a apportés. Ils n’oublient pas, non plus, de crier par la cheminée, “MERCI ST-NICOLAS“.

Mais attention, pour avoir la visite de Saint-Nicolas, il faut avoir été obéissant et s’être appliqué dans son travail, à l’école. En effet, les enfants qui n’ont pas été sages ne sont, quant à eux, pas sûrs de recevoir sa visite et, en plus, risquent de se retrouver confrontés au “Père fouettard” (“Zwarte Piet”), dont le visage est maquillé tout de noir et qui est habillé des vêtements colorés des pages {Jeune noble au service d’un seigneur. Synonyme « écuyer » (personne chargée de l’intendance de l’écurie d’un prince ou d’un seigneur).} du 16e siècle. À l’origine, en effet, le père Fouettard est associé à Saint-Nicolas comme étant le méchant qui distribue des punitions aux enfants désobéissants (emportant avec lui un martinet pour les fouetter), alors que son compagnon offre des douceurs aux enfants sages. Il était également nommé par saint Nicolas pour surveiller les enfants durant toute l’année. Toutefois, progressivement, son rôle s’est adouci. Certaines traditions récentes le présentent comme un assistant de Saint-Nicolas dans sa distribution de jouets.

Rappel historique

Saint Nicolas est représenté vêtu de l’habit ecclésiastique, de la mitre et de la crosse car, avant de devenir le protecteur des enfants sages, il fut (réellement) évêque d’une ville d’Asie mineure au 4e siècle.

En effet, si, historiquement {L’essentiel de ce qui suit est extrait de: Lempereur (F), Saint Nicolas, de l’histoire à la légende, Novembre 2009}, l’existence de saint Nicolas fait l’objet de nombreuses controverses, les spécialistes s’accordent, toutefois, pour situer sa naissance vers 265 ou 270 après JC, à Patare, important port de la province romaine de Lycie, au sud de l’Asie mineure, actuelle Turquie, et pour admettre que, vers 290-300, il devint évêque de Myra, autre ville de la même province, à environ 80 kilomètres à l’est de Patare. Il serait mort un 6 décembre (mais on ne connaît pas l’année).

La popularité de Saint Nicolas, déjà réelle au 6e siècle à Constantinople et dans l’Église d’Orient, va se répandre en Occident dès le 8e siècle, grâce aux moines orthodoxes.

La légende de Saint Nicolas

On va écrire alors de nombreux hymnes et récits en son honneur et les miracles qui lui furent attribués vont favoriser des cultes de plus en plus lointains et qui vont se transmettre souvent jusqu’à nos jours. Ainsi, c’est une légende franco-allemande, née au 12e siècle, soit 800 ans après la mort du saint, qui est à l’origine de la fête de la St-Nicolas. Celle-ci raconte qu’un hôtelier ou un boucher assassina trois enfants, les découpa en morceaux et les mit au saloir. Sept ans après, saint Nicolas, passa par là et les ressuscita.

La Saint-Sylvestre (le 31 décembre)

Le réveillon de la Saint-Sylvestre ou le réveillon du Jour de l’an est une coutume qui consiste à fêter l’arrivée du nouvel an, en veillant jusqu’à minuit le soir du 31 décembre, dernier jour de l’année du calendrier grégorien. À minuit, on se souhaite traditionnellement une “bonne année” en s’embrassant.

Contrairement au réveillon de Noël qui se fête en famille, celui du Jour de l’an se fête généralement avec des amis, à la maison, au restaurant, …

Il est l’occasion pour les gens d’allumer de petits feux d’artifice ou d’assister à ceux organisés par les pouvoirs publics, comme celui du centre de Bruxelles.

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